Fonds documentaire Mark Verstockt

L'artiste belge Mark Verstockt (1930-2014) nous a offert quelques belles rencontres et nous a permis de présenter à plusieurs reprises son travail. Au fil du temps, nous avons pu constituer une riche documentation sur son oeuvre.  Grâce à sa famille, nous avons pu poursuivre notre étude de sa démarche artistique et enrichir notre fonds.


Mark Verstockt (Lokeren, 16 juin 1930 - Anvers, 14 mai 2014) était un artiste de la mouvance de l'art géométrique-constructiviste-minimaliste.
Internationalement actif pendant plus de 50 ans, il a développé une œuvre de dessinateur, peintre, sculpteur et vidéaste dans laquelle se distingue sa fascination pour le monde des formes élémentaires : le cercle, le triangle mais surtout le carré.  Il fut également commissaire d'expositions et auteur de plusieurs ouvrages de référence concernant l'usage de formes géométriques dans l'art ou l'écriture chinoise.

Paroles d'artiste

Dans mon travail, la structure est importante.  La verticale, l’horizontale et la diagonale deviennent même très souvent le thème central de l’oeuvre.  Cette structure est habitée par le silence et la méditation.  C’est la fin et le commencement, toute oeuvre d’art est un aboutissement et également le début de quelque chose, chaque artiste rêve de continuité dans sa recherche.  Pour moi, il n’y a pas que l’art construit, le phénomène de l’art dans sa totalité m’intéresse.  Je constate que même en faisant des cercles, je les produis au départ d’une structure qui est carrée.  Au fond, le thème principal de mon oeuvre, c’est le carré, inépuisable.  Le carré, c’est la première forme contrôlée de l’homme, au contraire du cercle.  C’est le mouvement du bras qui, spontanément, fait le cercle.  Pour faire le carré, il faut faire la verticale et l’horizontale, les deux de la même longueur.  Il faut que les angles soient droits.  Il y a quelque chose de très rationnel là-dedans.  Dans bon nombre de civilisations, le carré est masculin, solide, alors que le cercle est rond, femme.  Il y a des cultures où c’est le contraire.  Le carré en soi est tangible, le cercle en soi n’a rien de tangible, il est trop en rotation et spirituel.  Mais en ajoutant une croix dans le cercle, on provoque une orientation et on arrête le mouvement.
Je peux aussi me libérer de cette contrainte en devenant collectionneur d’art africain.  Ca me sert d’échappatoire, c’est une manière de sauvegarder ma liberté.  Pour moi, c’est l’autre facette de ma personnalité.  Je ne veux pas être l’esclave du constructivisme de papa.  Je veux être libre.  En art, il n’y a pas de chaud et de froid.  En premier lieu, l’art, c’est la liberté de faire.
Mark Verstockt